Accès à l’eau potable à Bétérou (commune de Tchaourou) : Des bornes-fontaines de proximité… et de plus en plus de robinets à domicile
À Bétérou (Tchaourou), l’État par le biais de l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR), déploie un Système d’Adduction d’Eau Potable (SAEP) multi-villageois de grande capacité. Le constat d’achèvement (04/06/2025) du projet BETEROU-1 confirme une station de traitement neuve à Tchokpassi, quatre forages raccordés, un château d’eau de 300 m³ (15 m sous cuve), et près de 50 km de réseau Polyéthylène Haute Densité (PEHD) alimentant un chapelet de 26 bornes-fontaines avec des branchements particuliers.


Quand l’accès à l’eau potable change le quotidien des populations
Avant les investissements de l’Etat, la corvée d’eau dominait les journées. Le chef du village de Kaki Koka, Chando Martin, résume crûment la situation d’avant : « nous faisions la course avec les porcs pour puiser de l’eau dans les rivières… À 4 h du matin, aucune femme n’était encore couchée. » Aujourd’hui, les bornes-fontaines (BF) ont soulagé les ménages : « Grâce aux bonnes fontaines, nous avons retrouvé un soulagement… Les maladies comme la diarrhée ont considérablement diminué », poursuit-il. À Igbélé, la gérante Oluwadara Célestine confirme l’adhésion des populations qui s’approvisionnent en eau potable, profitant des tarifs abordables institués par l’Etat : « La fontaine est très fréquentée ; je vends en moyenne de 3 000 F CFA/jour, jusqu’à 5 000 F lors des cérémonies. »

Les précisions techniques des ouvrages
- Captage & pompage : 4 forages (ex. F2 : 11,3 m³/h, HMT 109 m ; F4 : 14,62 m³/h, HMT 118 m ; F14 : 6,5 m³/h, HMT 141 m ; F6 : 10,04 m³/h, HMT 73 m) équipés en pompes Grundfos ; alimentation SBEE 100 A et groupe 80 kVA pour sécuriser le service.
- Stockage & pression : 300 m³ à 15 m sous cuve ; pressions contrôlées à la sortie des BF (jusqu’à ~8 bar à la BF20).
- Réseau : 49 765 m posés (≈ 3 030 m de refoulement + 46 734 m de distribution), 50 regards de vannes, 17 de vidange, 18 ventouses ; 26 BF réceptionnées avec coordonnées et mesures.
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rifs, gestion de proximité et recettes
Sur les sites visités, le tarif pratiqué est de 600 F CFA/m³. « C’est le tarif fixé et nous nous y tenons », indique Olushawe Draman, qui écoule 4 000 à 5 000 F CFA/jour en saison sèche. Il plaide pour des réparations plus rapides en cas de casse de tuyaux. À Kaïkpa, la fontainière Assapka Yawa vend en moyenne 5 000 F/jour, les jours d’affluence, mais signale du gaspillage quand « certaines femmes ne ferment pas correctement les robinets ».
Impacts observés
Sur la Santé, on note le recul net des maladies hydriques et des dépenses de soins (« On le voit au centre de santé »), selon le chef de Kaki Koka. La fin des files nocturnes et déplacements vers les marigots permet un gain de temps favorable à d’autres activités économiques. A cela s’ajoutent les revenus réguliers pour les gérants de BF, et les petits commerces facilités par la disponibilité d’eau potable.
Paroles de bénéficiaires
- « Les maladies ont diminuéet nous ne courons plus derrière les animaux pour l’eau. » — Chando Martin, chef de Kaki Koka
- « 3 000 à 5 000 F/jour: la fontaine tourne bien, mais il faut intervenir plus vite quand un tuyau est cassé. » — Olushawe Draman, MBF-3 Kindokponou
- « La fréquentation est forte; je vends jusqu’à 5 000 F/jour lors des cérémonies. Donnez-nous l’électricité pour en finir avec le gasoil. » — Oluwadara Célestine, Igbélé