Accès universel à l’eau potable à Houéyogbé : A Dahè, l’eau potable devient enfin une réalité du quotidien des populations
Après des années de pénurie, de files d’attente et de corvées éprouvantes, Dahè, dans la commune de Houéyogbé, entrevoit un quotidien transformé. La réception provisoire du Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi-villages (SAEPmV) consacre l’aboutissement d’un investissement public majeur, porté par l’État béninois avec l’appui de la Banque mondiale, pour l’atteinte de l’accès universel à l’eau potable en milieu rural.


À Dahè, l’émotion était palpable lors de la mission de réception provisoire et de constat d’achèvement des travaux du SAEPmV, une infrastructure attendue de longue date par les populations. Réalisé sous la maîtrise d’ouvrage de l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR), l’ouvrage s’inscrit dans le programme d’investissement AQUA-VIE, à travers le projet national de réalisation de quatre-vingt-quinze systèmes d’approvisionnement en eau potable multi-villages (95 SAEPmV).

Une réception conduite avec rigueur et transparence
À Dahè, la mission de réception provisoire et de constat d’achèvement des travaux n’avait rien d’une formalité. La réception provisoire a mobilisé une équipe pluridisciplinaire réunissant, notamment, des représentants de l’autorité contractante, des services budgétaires et de contrôle financier, des structures techniques du secteur de l’eau, des autorités communales ainsi que des bureaux de contrôle. Cheffe de mission, Déborah Koussakou, chargée de la planification et des études à l’ANAEPMR, a insisté sur la robustesse du dispositif et sa capacité d’anticipation : le système, a-t-elle indiqué, est dimensionné pour répondre aux besoins actuels et futurs sur au moins vingt ans, tout en permettant une densification progressive via les branchements à domicile.
Une infrastructure moderne pensée pour durer
Sur le terrain, le SAEPmV de Dahè se distingue par un ensemble d’équipements destinés à sécuriser la production, le stockage et la distribution de l’eau. Il comprend notamment un château d’eau d’environ 400 m³, une station de pompage annoncée à 60 m³, un réseau de distribution d’environ 73 km, ainsi que 55 bornes-fontaines réparties dans l’arrondissement. L’ouvrage intègre également des locaux techniques, de chloration et de sécurité, garants de la qualité sanitaire de l’eau. Objectif assumé : favoriser, à terme, la généralisation des branchements à domicile, axe majeur de la réforme engagée dans le secteur de l’eau potable en milieu rural.

« Une délivrance » pour la commune, un tournant pour les habitants
Aux côtés des équipes techniques, les autorités communales ont salué la portée sociale du projet. Casimir Sossa, premier adjoint au maire de Houéyogbé, a résumé le sentiment général : après une longue période de difficultés, l’achèvement de l’ouvrage représente « un soulagement immense », presque « une délivrance » pour les populations. Dans les ménages, l’espoir se dit sans détour. Djossou Joséphine, habitante de Dahè, évoque les heures perdues et l’incertitude d’une eau parfois impropre ; elle accueille l’arrivée de l’eau potable à proximité — et bientôt à domicile — comme un véritable apaisement.
Même tonalité chez Adrien Ahoussou, qui projette déjà les bénéfices concrets : une meilleure organisation familiale, un coût réduit et, surtout, une santé mieux préservée.
Des branchements à domicile à coût social, un enjeu d’appropriation
Dans le cadre de la réforme, les ménages peuvent accéder à l’eau à domicile moyennant une contribution minimale de 10 000 F CFA, l’essentiel des travaux et équipements étant pris en charge par l’État. Une mesure présentée comme un levier d’appropriation du service et d’amélioration durable des conditions de vie en milieu rural.
Préserver l’ouvrage, prolonger l’élan
Au-delà de l’inauguration technique, le défi devient collectif : les bénéficiaires se sont engagés à protéger les installations, à éviter le gaspillage et à contribuer à la sécurisation du réseau, dans une logique de durabilité de l’investissement public.
Enfin, autorités locales et populations ont exprimé leur reconnaissance au Gouvernement béninois — et au Président Patrice Talon — tout en appelant à poursuivre l’effort afin que les localités encore en attente puissent, elles aussi, bénéficier d’ouvrages structurants.
À Dahè, l’essentiel est désormais posé : l’infrastructure est là, l’attente se mue en confiance, et l’eau potable devient, non plus un privilège, mais un bien accessible et partagé.