Au Bénin, le ministère de la Décentralisation et de la gouvernance locale a présenté des résultats de 2025 jugés encourageants à l’ouverture de l’exécution de son Plan de Travail Annuel (PTA) 2026. Bilan budgétaire, avancées des investissements et transferts aux communes : les chiffres montrent une montée en puissance, tandis que le ministère fixe des priorités ambitieuses pour consolider ces acquis.
Des indicateurs budgétaires réconfortants
Lors du dialogue de gestion marquant le lancement du PTA 2026, le ministère a rendu compte d’une forte amélioration de son pilotage financier. Le budget de l’exercice 2025 a été exécuté à 98,77 % en base engagement et 98,17 % en base ordonnancement, des niveaux bien supérieurs à ceux de 2024 (autour de 90 %). Ces résultats témoignent, selon les responsables, d’un renforcement des mécanismes de planification et de suivi.
Investissements presque intégralement réalisés
Le programme d’investissement du ministère affiche des taux d’exécution remarquables : près de 100 % en base engagement (99,90 %) et en ordonnancement (99,50 %), avec un taux d’exécution physique de 92,45 %. Ces performances reflètent la mobilisation des services techniques dans la réalisation de projets structurants au profit des collectivités territoriales.
Transferts aux communes : FADeC intégralement versé
Autre point fort relevé : l’ensemble des ressources prévues au titre du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC) pour 2025, tant pour l’investissement que pour le fonctionnement, a été transféré aux collectivités. Au total, 46,152 milliards FCFA ont été attribués aux communes (ressources nationales et extérieures confondues), un signal fort en faveur de l’autonomie financière locale.
Un pilotage politique et technique revendiqué
En ouvrant la session, Raphaël Akotègnon a rappelé que le dialogue de gestion est un instrument clé de l’amélioration continue : « Le dialogue de gestion auquel vous êtes conviés aujourd’hui est l’aboutissement d’un processus d’échanges … dont la finalité est de contribuer significativement à l’amélioration des performances du secteur. » Les travaux ont associé responsables de programmes, cadres ministériels et partenaires pour dresser le bilan 2025 et valider les orientations 2026.
Cap 2026 : budget et priorités renforcés
Pour 2026, le budget du ministère est fixé à 55,294 milliards FCFA, en légère hausse (+1,30 %) par rapport à 2025. Autre évolution notable : les ressources nationales destinées au FADeC passent sensiblement à la hausse, avec un objectif porté à 43,775 milliards FCFA en 2026 afin de renforcer l’intervention des communes dans les infrastructures de base et les projets locaux. Ces arbitrages montrent la priorité accordée au financement direct des collectivités.
Performance physique : un léger recul à surveiller
Si les indicateurs financiers sont globalement excellents, le taux d’exécution physique du PTA 2025 ressort à 84,90 % (contre 89,43 % en 2024), un repli que les techniciens imputent à des contraintes opérationnelles ponctuelles (calendrier, approvisionnements, exécution terrain). Le ministère a identifié ces goulots et annonce des mesures pour améliorer la cadence et la qualité d’exécution en 2026.
Gouvernance locale : responsabiliser les acteurs de terrain
Pour traduire les ambitions budgétaires en résultats concrets, des lettres de mission seront adressées aux ordonnateurs secondaires (notamment aux préfets) et aux responsables de programmes. L’objectif est clair : renforcer la responsabilisation, la redevabilité et la coordination entre niveaux national et local afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse du PTA sur l’ensemble du territoire.
En conclusion
Les chiffres 2025 consolidés par le ministère traduisent une meilleure capacité d’exécution financière et une volonté politique affirmée de soutenir les communes. Reste à transformer cette réussite comptable en impacts tangibles pour les populations : accélération de l’exécution physique des projets, transparence dans l’usage des fonds et renforcement des capacités locales seront les clés pour que la décentralisation profite pleinement au développement des territoires en 2026.