Élections communales 2026 au Bénin : tendances dans les grandes villes, entre suspense et recomposition

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Au lendemain du scrutin communales du 11 janvier 2026, le Bénin vit une ambiance à la fois impatiente et critique dans ses grandes agglomérations. Si les opérations de vote se sont déroulées globalement dans le calme selon les observateurs, les tendances électorales locales suscitent déjà de nombreuses discussions politiques, publiques et médiatiques, particulièrement dans les métropoles comme Cotonou, Porto-Novo, Calavi et Parakou.

Cotonou : participation timide et enjeu majeur pour les partis

Dans la capitale économique, Cotonou, plusieurs centres ont observé une participation relativement modérée, notamment dans certains arrondissements où le vote a démarré doucement. Sur place, électeurs et observateurs ont noté que l’affluence restait en deçà des attentes pour un scrutin qui revêt un enjeu crucial : déterminer le futur conseil communal d’une métropole stratégique pour l’économie nationale.

Dans ce contexte, les partis en lice — Union Progressiste pour le Renouveau (UPR), Bloc Républicain (BR) et Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) — ont déployé des stratégies de campagne centrées sur la proximité et les enjeux de services urbains (assainissement, infrastructures, sécurité). Alors que les résultats officiels ne sont pas encore publiés, des analyses provisoires évoquent des batailles serrées entre ces formations, notamment entre l’UPR et le BR, qui sont traditionnellement fortement implantés à Cotonou.

Porto-Novo : mobilisation contrastée et premiers chiffres bruts

À Porto-Novo, observations de terrain réalisées dans certains centres de vote montrent également une participation contrastée, avec des retards liés au matériel électoral mais un déroulement global pacifique du scrutin.

Dans un des centres de vote du quartier Dowa Aliogbogo, les chiffres provisoires des votes communaux indiquaient une avance du BR devant l’UPR, tandis que la FCBE apparaissait en retrait dans les suffrages exprimés. De telles tendances brutes, bien que non officielles, reflètent la compétitivité entre les partis dans la capitale politique du pays, où les équilibres peuvent être décisifs pour la présidence du conseil communal.

Calavi : lenteur du démarrage, mais enjeu stratégique fort

Dans la commune de Calavi, le scrutin a connu des retards dans certains bureaux au démarrage, notamment dus à des problèmes de matériels électoraux. Malgré cela, le déroulement est demeuré serein.

Calavi, forte de sa population jeune et dynamique, est une commune où l’UPR et le BR ont mené des campagnes intenses. Les observateurs locaux estiment que la compétition entre ces deux partis pourrait être très serrée, avec la FCBE appelée à jouer un rôle potentiellement décisif si elle parvient à mobiliser des électeurs autour de programmes orientés vers le développement local.

Parakou : mobilisation précoce, attente des résultats

À Parakou, la matinée du 11 janvier a été marquée par un démarrage effectif du scrutin, malgré des retards ponctuels dans la mise en place du matériel. Les électeurs se sont mobilisés tôt, témoignant d’un fort intérêt dans cette grande ville du nord du pays où les enjeux communautaires et économiques sont importants.

Même si aucune donnée fiable sur le classement des partis n’a été rendue publique à ce stade, la présence de candidatures locales fortes et le poids des réseaux communautaires laissent penser que les résultats pourraient livrer des équilibres politiques locaux différents de ceux observés dans le sud, offrant une lecture enrichie des forces en présence entre l’UPR, le BR et la FCBE.

Autres grandes villes : suspens et attentes citoyennes

Dans d’autres villes comme Bohicon, Abomey ou Djougou, les discussions citoyennes sur les réseaux sociaux et les forums politiques reflètent une attente accrue des tendances, beaucoup d’électeurs exprimant des souhaits de renouvellement ou de sanction des gestionnaires communaux sortants. Les enjeux locaux, routes, eau potable, éclairage public, emplois dominent les conversations, au-delà des seules allégeances partisanes.

Le rôle central de la CENA dans la publication des tendances

Alors que les campagnes et le vote se sont achevés sans incidents majeurs signalés par les missions d’observation, l’heure est désormais à l’attente des tendances officielles proclamées par la Commission électorale nationale autonome (CENA). Selon les informations rendues publiques, la CENA doit publier les premières tendances des scrutins communaux simultanément aux tendances des législatives, servant de base pour analyser la répartition des sièges entre les partis (UPR, BR, FCBE, etc.) avant la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle.

Les partis, leurs états-majors et l’opinion publique suivent de près ces publications, car elles permettront de mieux comprendre les équilibres politiques à l’échelle locale, notamment dans les communes urbaines clés. Elles détermineront également les alliances à venir et les stratégies pour la gestion des conseils communaux dans les prochaines années.

 

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