Énergies renouvelables et résilience : le continent africain au cœur de l’action climatique à Cotonou »

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La capitale économique béninoise a été, les 27 et 28 octobre 2025, le théâtre de la 6ᵉ édition du Sommet Climate Chance Afrique, un rendez-vous stratégique pour les acteurs non-étatiques du climat sur le continent. Organisé au Palais des Congrès, l’événement a réuni collectivités locales, ONG, entreprises, chercheurs, jeunes et réseaux citoyens autour de la thématique centrale : « Énergies renouvelables, adaptation et biodiversité : enjeux et perspectives »

Dans un contexte d’urgence climatique croissante et de transition énergétique à accélérer, le sommet a mis en lumière les solutions africaines pour une transition énergétique juste, inclusive et adaptée aux réalités des territoires. Située au carrefour des zones côtières et sahéliennes, Cotonou illustre parfaitement les défis croisés du développement urbain, de l’adaptation aux impacts climatiques et de la gestion durable des ressources.

Des échanges centrés sur trois piliers de l’action climatique

Pendant deux jours, les participants ont exploré les trois grands axes du sommet :

1. Adaptation et résilience des villes et territoires – Identifier les stratégies permettant aux villes africaines de renforcer leur résilience face aux impacts climatiques et de protéger les populations vulnérables.
2. Atténuation et énergies renouvelables – Accélérer la transition vers des énergies propres et accessibles, en intégrant les technologies locales et les mini-réseaux communautaires.
3. Biodiversité et solutions fondées sur la nature – Préserver les corridors écologiques et promouvoir des modèles de production énergétique durables, notamment la biomasse et le bois-énergie régénératif.

Le sommet a servi de plateforme pour valoriser les bonnes pratiques, renforcer les capacités locales et consolider une voix africaine collective en amont de la COP30 qui se tiendra à Belém.

Une déclaration forte pour une transition énergétique juste

À l’issue des échanges, les acteurs non-étatiques ont adopté une déclaration affirmant leur engagement à : assurer une transition énergétique ancrée dans l’équité et la justice, protégeant les moyens de subsistance et garantissant l’inclusion des femmes, des jeunes et des communautés marginalisées; mobiliser les financements publics et privés pour soutenir les énergies renouvelables, en combinant investissements concessionnels, garanties financières et épargne locale pour stimuler des projets à impact direct pour les communautés; renforcer la participation des collectivités locales et des acteurs territoriaux dans la planification et la mise en œuvre des projets, avec un accès facilité aux financements et au réseau électrique; promouvoir les bio-énergies durables, notamment le bois-énergie, dans le respect de la biodiversité, de la sécurité alimentaire et des sols, et encourager les foyers améliorés pour réduire la consommation et l’impact environnemental et assurer la transparence et la redevabilité des politiques, à travers la publication de données ouvertes, des indicateurs de performance partagés et la consultation structurée des communautés locales.

La déclaration s’inscrit dans la continuité des engagements pris à Addis-Abeba en septembre 2025, et fait écho aux priorités fixées lors des précédentes éditions du sommet, notamment celles de Yaoundé en 2023 pour l’habitat durable et les énergies renouvelables.

Le sommet a également présenté quatre livrables majeurs pour 2025-2026 : la feuille de route de Cotonou pour le développement des énergies renouvelables – Un guide stratégique pour transformer les initiatives locales en solutions reproductibles à l’échelle africaine; l’Alliance des villes côtières d’Afrique de l’Ouest et centrale – Renforcement de la coopération territoriale pour la résilience face aux impacts climatiques; l’Alliance francophone des villes pour le climat – Mise en valeur de la dimension africaine et francophone de l’action climatique locale et un réseau Ouest africain pour les corridors de biodiversité – Focus sur la protection des espèces, des écosystèmes et des ressources naturelles vitales pour le développement durable.

Ces initiatives visent à traduire l’urgence climatique en opportunités économiques et sociales, tout en plaçant les populations au centre des stratégies de développement énergétique et de résilience.

L’Afrique, acteur clé d’un futur soutenable

Les discussions ont rappelé que l’Afrique, en première ligne de la crise climatique, peut et doit tracer sa propre trajectoire énergétique. En misant sur ses ressources locales, ses innovations et l’engagement de ses communautés, le continent transforme sa vulnérabilité en opportunité.

Les acteurs du sommet ont également souligné la nécessité de programmes de formation des ingénieurs et techniciens, la standardisation des normes techniques, la planification intégrée et la coopération Sud-Sud pour consolider un écosystème favorable au déploiement des énergies renouvelables.

À la veille de la COP30 à Belém, la Déclaration de Cotonou constitue un signal fort : elle appelle à une mobilisation collective des décideurs, à des financements adaptés et à la valorisation des initiatives locales, afin de faire des énergies renouvelables un vecteur d’adaptation au changement climatique et de développement inclusif pour les populations africaines.

Cotonou 2025 confirme ainsi le rôle central des acteurs non-étatiques dans la transition énergétique africaine et pose les bases d’une Afrique résiliente, solidaire et durable, prête à relever les défis climatiques de demain.

Irédé David R KABA

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