Kissamey, commune d’Aplahoué
L’eau potable désormais à portée de main
À Kissamey, arrondissement d’Aplahoué dans le département du Couffo, l’eau potable n’est plus un mirage. Château d’eau flambant neuf, bornes-fontaines alignées, canalisations qui serpentent les ruelles des villages : le décor a changé pour le bonheur des populations estimées à plus de 40.000 habitants.
Pendant des décennies, le quotidien des habitants de Kissamey s’est joué autour de forages à motricité humaine exsangues, d’anciennes adductions d’eau villageoise en panne et de puits d’eau à la qualité douteuse. Un diagnostic mené dans le cadre d’un projet de coopération entre Aplahoué, la ville française de Ramonville et l’ONG HAMAP avait tiré la sonnette d’alarme : accès difficile, recours massif aux sources non protégées. La corvée de l’eau était une réalité tangible dans la localité.
Le véritable tournant dans le développement de la localité a pris la forme d’un Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi-villages (SAEPmV), porté par l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR), bras opérationnel de la stratégie gouvernementale d’accès universel à l’eau.
Un SAEPmV qui change le quotidien
Le nouveau système de Kissamey est emblématique de la nouvelle politique du gouvernement de doter le milieu rural d’infrastructures modernes et durable : un château d’eau de 700 m³, deux stations de pompage et 58 bornes-fontaines publiques réparties à travers l’arrondissement. L’objectif affiché du gouvernement : tourner la page des pénuries chroniques et garantir, à tout moment, une eau de qualité à une population en croissance. Le tout dans un nouveau modèle de gestion, confié à un délégataire sous la supervision de l’ANAEPMR, avec un tarif social de 15 F CFA pour 25 litres en milieu rural.
À l’échelle nationale, les chiffres plaident en faveur de cette stratégie : le taux de desserte en milieu rural serait passé d’environ 42 % en 2016 à plus de 80 % fin 2024, faisant du Bénin l’un des pays africains les plus avancés vers l’accès universel à l’eau potable en zone rurale.
Une universalité qui se mesure à hauteur de bidon
Pour les habitants de Kissamey, la révolution ne se lit pas dans les tableaux Excel, mais dans le temps de marche jusqu’au point d’eau, la longueur des files d’attente, le goût de l’eau et le poids de la facture. Sur le plan infrastructurel, le saut est réel : les bornes-fontaines rapprochent l’eau des concessions, la capacité de stockage augmente, la qualité est mieux contrôlée. De plus, la disponibilité des branchements particuliers à un tarif subventionné de 10.000 F CFA rend l’eau potable disponible dans les robinets et les canalisations des maisons.
Des avantages certains pour la société
Au-delà du soulagement quotidien, l’arrivée de l’eau potable à Kissamey génère des bénéfices collectifs tangibles : réduction des maladies d’origine hydrique et des dépenses de santé, amélioration de l’hygiène des ménages et des services (écoles, centres de santé, marchés), et gain de temps pour les femmes et les enfants longtemps mobilisés par la corvée d’eau. Ce temps libéré se réinvestit dans la scolarité, les activités génératrices de revenus et la vie communautaire. En rapprochant la ressource et en sécurisant la qualité, le SAEPmV apaise les tensions autour des points d’eau, renforce la cohésion sociale et consolide la confiance envers l’action publique.