Les conseils communaux et municipaux installés cette semaine, les 77 maires connus avec une cohabitation UPR-BR et l’expérimentation de la trêve politique

(Les communes, premier champ d’expérimentation de la trêve politique ?)

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Dans la confidence de l’installation des assemblées communales et municipales

Les conseils communaux et municipaux installés cette semaine, les 77 maires connus avec une cohabitation UPR-BR

(Les communes, premier champ d’expérimentation de la trêve politique ?)

Les 77 assemblées communales et municipales du Bénin seront probablement installées le jeudi et le vendredi prochain. Selon l’article 175 du Code électoral, « Les conseillers communaux élus entrent en fonction et sont installés entre le premier et le troisième dimanche du mois de février de l’année électorale ». Ce qui correspond à la période entre le 1er et le 10 février 2026. Un délai légal que le Gouvernement entend tenir malgré la complexité du contentieux des résultats que la Cour Suprême gère avec célérité.

Très probablement, les conseils communaux et municipaux seront installés cette semaine. Les Secrétaires Exécutifs s’affairent pour préparer les Kits des conseillers composés des écharpes, des documents de planification, du budget primitif et du code de l’administration territoriales. L’échéance de cette semaine aurait pu être difficile à tenir avec certains contentieux des résultats portés à la Cour Suprême dont l’issue pourraient faire basculer la majorité dans un camps comme dans un autre. Or, à la séance d’installation, tous les organes électifs des mairies seront pourvus. Si cet exercice était fait avant que la Cour Supreme ne vide ces contentieux, des maires, des adjoints au maire, des présidents de commission et des chefs d’arrondissement nouvellement installés pourraient être renversés. Le mercredi 11 février 2026, la Cour Suprême devrait vider les contestations des résultats à Porto Novo, comme ce fut le cas d’Allada il y a quelques jours, faisant changer de camp à la majorité communale. Il est vrai que le code électoral est formel, l’installation des conseils communaux ne devrait pas tenir compte de l’état de gestion du contentieux.

L’autre nouveauté de cette phase d’installation

La configuration des résultats exclut légalement tout accord de gouvernance locale. L’accord de gouvernance n’est signé que pour constituer une majorité absolue, ce dont l’un et l’autre des deux partis gagnants disposent déjà. Un accord de gouvernance locale ne peut survivre à une élection et n’est légal qu’avec au moins trois partis politiques contrôlant les 77 communes.  Dans ce contexte de volonté de coadministrer les collectivités territoriales, les partis désormais « gestionnaires des communes » ont inventé la cohabitation communale ou municipale. Le parti majoritaire concèdera le poste de 2ème adjoint au maire, au parti minoritaire, créant de facto une cohabitation qui aura des répercussions jusqu’au conseil de supervision. De plus, selon le deal, le parti minoritaire va également pourvoir aux postes de chefs des arrondissements qu’il a gagnés suivant les résultats sortis des urnes. En ce qui concerne les Présidents des commissions permanentes, le parti minoritaire en désignera un sur les quatre que compte le conseil communal.

Cette nouveauté va permettre à l’opposition communale de disposer de représentants au sein du Conseil de supervision et d’avoir accès aux dossiers de gestion de la commune afin de mieux contribuer à sa gestion. Cette organisation fera du conseil communal le premier champ d’expérimentation de la trêve politique, mais posera le problème de la responsabilité du parti à qui le peuple a confié les rênes de la commune. A cela, s’ajoute, dans le mauvais sens, une bonne entente des deux partis sur le dos du peuple. Dans ce cas de figure, l’opposition communale ne va plus dénoncer les mauvaises gestions de la majorité communale autour du maire.

Après avoir inventé l’accord de gouvernance locale, le Bénin vient d’inventer la cohabitation communale ou municipale. Vivement que cela contribue à une meilleure gouvernance communale et surtout au développement fulgurant de nos 77 territoires.

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