Nutrition infantile : le Bénin décroche 252,8 milliards FCFA pour protéger les 1000 premiers jours de vie
(Une réponse à un défi national)
Le Bénin vient de franchir un cap décisif dans la lutte contre la malnutrition infantile. À l’issue de la table ronde organisée dimanche 28 septembre 2025 à Cotonou, 252,8 milliards FCFA de promesses de financement ont été enregistrés pour soutenir le Projet de supplémentation nutritionnelle des 1000 premiers jours. Un montant largement supérieur aux 200 milliards attendus, qui illustre la confiance des partenaires techniques et financiers (PTF) dans la vision du gouvernement.
La malnutrition infantile reste un problème majeur : plus de 840 000 enfants béninois de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance. « Ce retard entraîne une altération du développement cérébral, un déficit d’apprentissage, un affaiblissement du système immunitaire et une vulnérabilité accrue aux maladies chroniques », a alerté Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé.
C’est pour inverser cette tendance que le projet a été conçu. Il vise à renforcer les interventions nutritionnelles à fort impact, élargir leur couverture et garantir une mise en œuvre durable. Les financements mobilisés permettront de déployer le dispositif à grande échelle, en complément des initiatives déjà existantes.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement, l’enjeu dépasse la seule dimension sanitaire : « Investir dans ce projet, ce n’est pas seulement investir dans la santé. C’est beaucoup plus. C’est préserver ce que nous avons de plus cher : la vie des enfants ». La nutrition est ainsi considérée comme un levier de capital humain, de productivité économique et de stabilité sociale.
Une mobilisation collective
La réussite de cette table ronde témoigne du leadership national et de la capacité du Bénin à fédérer autour d’une cause. « Les fonds annoncés permettront non seulement de consolider les acquis, mais aussi d’assurer une mise en œuvre efficace et durable des actions prévues sur le terrain », a précisé Cyriaque Edon, directeur général des Politiques de développement.
Le projet prévoit la distribution gratuite de suppléments nutritionnels, des consultations prénatales gratuites, ainsi qu’une vaste campagne de communication pour sensibiliser les familles. Sa mise en œuvre s’appuiera sur une approche progressive, coordonnée par l’Agence nationale pour l’alimentation et la nutrition (Anan), l’Agence nationale des soins de santé primaires (Anssp) et la Direction générale des affaires sociales (Dgas).
Au-delà des chiffres, le Bénin envoie un signal fort : la nutrition des 1000 premiers jours devient une priorité nationale. Chaque franc investi dans ce projet est un pari sur l’avenir, celui d’un pays où chaque enfant pourra grandir, apprendre et contribuer pleinement au développement national.
Irédé David R. KABA