Présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin : Pourquoi aller voter est un acte majeur de civisme

0 10

Le 12 avril 2026, les Béninois sont appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection du duo Président de la République–Vice-président. Ce rendez-vous n’est pas une simple formalité du calendrier politique. C’est l’un des moments les plus décisifs de la vie républicaine, parce qu’en droit béninois, le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus, et la présidentielle constitue l’expression la plus directe de cette souveraineté.  

 

La Constitution béninoise rappelle avec force que « le suffrage est universel, égal et secret » et que sont électeurs, dans les conditions fixées par la loi, tous les nationaux béninois des deux sexes âgés de dix-huit ans révolus et jouissant de leurs droits civils et politiques. Autrement dit, voter n’est pas un privilège réservé à quelques-uns : c’est un droit politique fondamental reconnu à chaque citoyen remplissant les conditions prévues par les textes. C’est aussi ce qui donne à chaque bulletin la même valeur, quel que soit le rang social, l’origine ou la profession de l’électeur.

Le Code électoral prolonge cette exigence démocratique. Il précise que le président de la République est élu au suffrage universel direct et que l’élection du duo présidentiel se déroule au scrutin majoritaire à deux tours. Le sens de cette architecture est clair : la magistrature suprême ne tire sa légitimité ni de la rumeur, ni des réseaux sociaux, ni des émotions du moment, mais du vote régulier des citoyens. Aller voter, c’est donc participer à la fabrication légitime du pouvoir, dans le cadre de règles connues à l’avance et identiques pour tous.

Il faut le dire avec précision, quand bien même le vote au Bénin n’est pas une obligation pénale pesant sur chaque citoyen, la Constitution impose à tous les citoyens de remplir leurs obligations civiques et de respecter la Constitution ainsi que les lois et règlements de la République. C’est là que se situe la portée du civisme électoral. Même quand il n’est pas juridiquement forcé, le vote reste moralement et républicainement attendu, parce qu’il participe du bien commun, de la stabilité institutionnelle et du respect de l’ordre constitutionnel. S’abstenir par indifférence, c’est laisser d’autres décider seuls de l’avenir collectif.

Les préalables

Le civisme électoral commence d’ailleurs bien avant l’entrée dans l’isoloir. Il suppose de vérifier son inscription sur la Liste électorale informatisée, de connaître son centre de vote et de se munir d’une pièce permettant de justifier son identité. L’ANIP a indiqué que les citoyens pouvaient consulter leur situation électorale, récupérer les informations utiles et obtenir des documents d’identification via ses guichets et ses plateformes. Le gouvernement a, de son côté, rappelé que plusieurs pièces sont recevables au moment du vote, notamment la carte nationale d’identité, le passeport, le permis de conduire, la carte professionnelle, le certificat d’identification personnelle, la carte d’étudiant ou encore la carte d’identité scolaire.

Un acte encadré par la loi

Le jour du scrutin, la loi encadre le vote pour protéger sa sincérité. Le Code électoral prévoit que l’électeur vote dans son poste de vote, sauf exceptions précisément définies. À son entrée, il présente sa pièce d’identification, fait constater son inscription sur la liste électorale, prend lui-même son bulletin, se rend dans l’isoloir, marque son choix, plie son bulletin et l’introduit lui-même dans l’urne. Ce dispositif n’est pas anodin : il protège le secret du vote, limite les pressions et garantit que le choix exprimé appartient à l’électeur seul.

Le vote, une expression démocratique

Aller voter, c’est aussi refuser tout ce qui abîme la démocratie. Le Code électoral encadre strictement la campagne : elle dure quinze jours et s’achève la veille du scrutin à zéro heure. Il interdit de faire campagne hors de cette période, proscrit les intimidations contre les candidats, interdit la distribution de propagande le jour du vote et sanctionne les dons, faveurs ou objets offerts pour influencer le choix des électeurs. De même, l’utilisation des moyens de l’État à des fins de propagande est prohibée. Le bon citoyen ne vend donc pas sa voix, ne cède pas à la peur, ne relaie pas la haine et ne transforme pas le scrutin en affrontement violent.

La participation électorale a enfin une valeur de confiance publique. Le Code électoral impose que le calendrier électoral soit rendu public par le président de la CENA quatre-vingt-dix jours avant le scrutin. La Cour constitutionnelle et la CENA ont en outre multiplié les concertations pour garantir la régularité, la transparence et la bonne préparation des élections générales de 2026. Plus les citoyens participent massivement, pacifiquement et lucidement, plus le résultat sort renforcé, quelles que soient les préférences politiques de chacun.

Le 12 avril 2026, aller voter au Bénin ne reviendra donc pas seulement à choisir un candidat. Ce sera affirmer que la République appartient au peuple, que la loi doit rester plus forte que la violence, et que l’avenir du pays se décide dans les urnes, non dans la résignation. Dans une démocratie, le citoyen qui vote ne fait pas qu’exercer un droit : il prend sa part de responsabilité dans la continuité de l’État, la paix civile et la légitimité des institutions. C’est pourquoi, ce jour-là, l’abstention ne devrait pas être une habitude, mais l’exception.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.