Quand l’eau potable change la vie des populations d’Akofodjoulé (Dassa-Zounmè) de manière concrète et durable

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Accès universel à l’eau potable à Dassa-Zoumè

Quand l’eau potable change la vie des populations d’Akofodjoulé de manière concrète et durable

 

Dans l’arrondissement d’Akofodjoulé, commune de Dassa-Zoumè (département des Collines), l’eau potable n’est pas seulement un besoin de base : c’est un levier direct de santé publique, de dignité, d’amélioration de la scolarisation et de développement économique. Longtemps, les ménages ont vécu l’incertitude des points d’eau isolés, des pannes répétées et des parcours pénibles pour obtenir le précieux liquide dans une qualité douteuse. Aujourd’hui, l’arrivée d’un Système d’Approvisionnement en Eau Potable multi-villages (SAEPmV) apporte une réponse structurante, pensée pour durer, s’étendre et rapprocher l’eau des populations.

La région des Collines est connue pour ses défis hydrogéologiques : zone de socle, relief accidenté, ressources souterraines parfois difficiles à mobiliser. Les équipes de supervision du projet des SAEPmV soulignent notamment un taux d’échec des forages pouvant atteindre 70% dans les Collines, avec des contraintes géotechniques (rochers affleurants) qui ralentissent et complexifient les travaux.

Sur le terrain, les élus locaux décrivent ce que ces difficultés ont produit pendant des années : une pénurie visible et quotidienne. Le Maire de Dassa-Zoumè évoque ainsi “le phénomène des bidons jaunes”, symbole de la corvée d’eau, et rappelle qu’avant les réformes, les ouvrages devenaient parfois inutilisables après quelques années.

 

Le SAEPmV d’Akofodjoulé : une infrastructure de durabilité

Le SAEPmV d’Akofodjoulé est un ouvrage qui concerne l’arrondissement d’Akofodjoulé et raccorde Agondokpo, Akofodjoulé, Atinkpaye et Banigbe (avec des projections démographiques qui intègrent aussi Bétécoucou) :

  • Ressource mobilisée : forage raccordé à Olorunsogo, avec une capacité calculée et un débit d’exploitation dimensionné pour la demande.
  • Pompage et énergie : électropompe (29 m³/h) et groupe électrogène (110 KVA), avec locaux techniques/administratifs et dispositif de clôture.
  • Stockage et distribution : château d’eau de 200 m³ (hauteur sous cuve 15 m), implanté à Ayede (Banigbé).
  • Réseau : environ 55 383 mètres de canalisations, avec organes de régulation (vannes, vidanges, ventouses, réducteurs).
  • Accès public immédiat : la desserte prévoit des bornes fontaines (BF) pour la desserte communautaire et des branchements particuliers à domicile pour un accès 24h sur 24.

 

Une implantation qui tient compte du relief

La localité est un environnement de socle cristallin, affecté par des failles et fissures, et un relief de collines où les altitudes dépassent 400 m.
Autrement dit : amener l’eau à Akofodjoulé n’est pas qu’une affaire de “poser des tuyaux” ; c’est un chantier qui a composé avec des contraintes naturelles fortes, d’où l’intérêt d’une solution à la SAEPmV robuste et correctement régulée.

 

Les bienfaits directs pour Akofodjoulé : santé, temps, dignité, économies locales

  • Santé publique et protection des familles. Quand l’eau est traitée, contrôlée et disponible à proximité, les ménages réduisent l’exposition aux maladies hydriques et aux contaminations invisibles (bactéries, germes), souvent sous-estimées lorsque l’eau paraît “propre”.
    C’est un bénéfice silencieux mais déterminant : moins de consultations, moins de dépenses de santé, moins d’absences à l’école.
  • Gain de temps, surtout pour les femmes et les enfants. Dans les zones où la corvée d’eau structurait la journée, rapprocher l’eau (BF puis branchements domestiques) libère du temps pour l’école, les activités génératrices de revenus, l’agriculture ou l’apprentissage. Le Maire de Dassa-Zoumè résume le changement vécu à l’échelle communale par la disparition du “phénomène des bidons jaunes”.
  • Développement économique et attractivité des villages. Un réseau multi-villages stabilise la vie locale : transformation agroalimentaire, petit commerce, restauration, maçonnerie, services… Tous dépendent d’une eau accessible et relativement prévisible. Le SAEPmV, par sa conception même (réseau + stockage + régulation), crée un socle pour ces activités.
  • Dignité, équité et ambition d’un accès universel réel. L’accès universel, c’est aussi l’équité : éviter que l’eau potable devienne un privilège de proximité ou de pouvoir d’achat. À ce sujet, le Maire de Dassa note qu’il n’y a pas de réticence de principe : quand l’eau arrive, les populations veulent le réseau et demandent même son prolongement.

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