Réceptionné provisoirement le 6 octobre 2026 dans la commune de Kouandé, le Système d’approvisionnement en eau potable multi-villages (SAEPmV) de Chabicouma renforce les infrastructures de desserte de six villages de l’Atacora. Cinq forages, un château d’eau de 300 m³, près de 39 kilomètres de canalisations et 16 bornes-fontaines composent cet ensemble. La fiche technique retient une population de référence de 14 577 habitants en 2022 et une projection de 20 602 habitants à l’horizon 2032.
Odjoutchoni Florent OGA

À Chabicouma, la réception provisoire du SAEPmV marque une nouvelle étape dans le développement du service public d’eau potable en milieu rural. Réalisé par SOGEA SATOM sous la maîtrise d’ouvrage de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR), avec le contrôle du groupement Digital Group, l’ouvrage associe la mobilisation des eaux souterraines, leur traitement, le stockage et l’acheminement vers les points de desserte. Son intérêt se joue désormais dans l’accès effectif à l’eau et la régularité du service offert aux habitants.
Six villages et un service attendu par les habitants
La fiche technique définit un périmètre couvrant Chabi Couma, Gantieco, Papatia, Sakanson Ditanmari, Sakanson Dompargo et Weme. Elle distingue les horizons démographiques utilisés pour la planification : 14 577 habitants en 2022, 20 602 en 2032 et 29 117 en 2042. Le chiffre de plus de 20 000 habitants correspond ainsi à une projection pour 2032. Il donne la mesure de la desserte visée, sans constituer un décompte des usagers effectivement alimentés au moment de la réception.
Pour les populations, l’attente porte sur un approvisionnement plus accessible et moins contraignant. Valérie BANRANCIM, habitante de la localité, rappelle les difficultés vécues avant l’arrivée de ce service :
« Nous avons cherché cette eau il y a longtemps. On buvait l’eau de pluie, et l’eau de marigot en saison sèche. »
Ce témoignage exprime l’importance accordée à l’eau potable dans la vie quotidienne. La présence de points de desserte doit permettre de rapprocher le service des communautés. Les changements dans le temps consacré à la collecte et les conditions d’approvisionnement pourront être appréciés au fil de l’exploitation, à partir de l’expérience des usagers.
Cinq forages et près de 39 kilomètres de canalisations

Le système s’appuie sur cinq forages exploités : un à Papatia et quatre sur les sites de Sinaisire. Les débits indiqués sont respectivement de 5, 13, 5, 8 et 10 m³ par heure, soit un total de 41 m³/h. Les captages décrits dans la fiche se situent dans un contexte de socle, avec des formations de quartz et de gneiss. Ces caractéristiques donnent un contenu précis au travail de mobilisation de la ressource souterraine.
Implanté dans le village de Tonri, le château d’eau possède une capacité de stockage de 300 m³ et une hauteur de 12 mètres sous cuve. Le réservoir participe au stockage de l’eau et à la régulation de la pression dans le réseau. Son fonctionnement s’articule avec celui des équipements de pompage et des organes de contrôle des canalisations.
Le linéaire total atteint exactement 38 998 mètres. Il comprend 1 729 mètres de refoulement, 27 415 mètres de distribution et 9 854 mètres de conduites classées en refoulement-distribution. Les quelque 39 kilomètres annoncés désignent donc l’ensemble de ces canalisations. La fiche recense également 114 vannes d’isolement, 19 vidanges, 13 ventouses et quatre réducteurs-stabilisateurs de pression pour la protection et la régulation du réseau.
Le traitement de l’eau dispose de cinq locaux de désinfection et de dix pompes doseuses, accompagnées de dix bacs de 100 litres et de leurs accessoires. Ces équipements complètent la chaîne de production et de desserte. Leur présence doit s’accompagner d’un suivi de fonctionnement et de la qualité de l’eau pendant l’exploitation.
Une exploitation attentive à la continuité du service

L’alimentation énergétique repose sur deux configurations : les sites de Papatia et de Sinaisire F3 sont raccordés à la SBEE, tandis que les trois autres sites utilisent des groupes électrogènes. L’organisation de l’exploitation doit donc prendre en compte l’alimentation électrique, le fonctionnement des groupes, l’entretien des pompes et le suivi du dispositif de désinfection. La disponibilité de l’eau dépend de la bonne marche de cette chaîne.
La gestion professionnelle du service appelle aussi une surveillance des fuites, des interventions sur les équipements et une réponse aux signalements des usagers. Pour N’toti Justin, conseiller du village de Fouctoum, la continuité de l’approvisionnement constitue une attente centrale :
« Nous demandons un suivi régulier pour éviter les coupures. Que les techniciens vérifient souvent les machines afin que cette eau potable coule sans interruption dans nos villages. »
Des raccordements à domicile à organiser

La fiche recense 16 bornes-fontaines construites et aucun branchement particulier réalisé dans le cadre de l’ouvrage décrit. La desserte documentée repose ainsi sur des points d’accès collectifs. Les raccordements à domicile constituent une possibilité de développement du service, dont les modalités devront être précisées par la société fermière chargée du périmètre d’affermage. La fiche indique que cette société est seule habilitée à réaliser les branchements particuliers.
La planification anticipe également la croissance des besoins, avec un débit d’équipement de 74 m³/h à l’horizon de vingt ans indiqué par la fiche. Ce chiffre exprime un besoin futur, distinct du débit cumulé de 41 m³/h des cinq forages décrits. Le développement des raccordements et l’évolution de la production devront être organisés en fonction de la demande et des conditions d’exploitation.
À Chabicouma, la réception provisoire ouvre une phase où les infrastructures doivent se traduire en service durable. L’attente formulée par Valérie BANRANCIM est simple : « On prie pour que ce soit continuel. » La régularité de l’approvisionnement, le suivi de la qualité de l’eau et le bon fonctionnement des bornes-fontaines permettront aux habitants d’apprécier, dans leurs usages quotidiens, la portée de cette réalisation.
