Accès à l’eau potable à Pèrèrè : Avec un système multi-villages et 73 km de réseau de canalisation, Guinangourou 2 entre dans une nouvelle ère

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PÈRÈRÈ, 07 mai 2026 – Dans l’arrondissement de Guinangourou, commune de Pèrèrè, l’eau potable n’est plus seulement une promesse lointaine. Elle coule désormais à proximité des ménages de Guinangourou 2, dans les villages, les camps peulh et dans les hameaux longtemps confrontés aux longues marches, aux points d’eau précaires et aux risques sanitaires liés à la consommation d’une eau non sécurisée.

 

La réception provisoire, conduite sous le contrôle de cadres de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR) et du Ministère de l’Economie et des Finances, marque ainsi une avancée majeure dans la mise en oeuvre de la politique nationale d’accès universel à l’eau potable en milieu rural. L’opération s’inscrit dans la dynamique engagée depuis 2017 par le Gouvernement du Président Patrice Talon, avec l’appui des structures techniques et financières de l’Etat.

Au jour de sa mise en service, l’ouvrage prend en charge une population de départ estimée à 14 713 habitants en 2024, répartis entre Bougnankou, Gommey et Sonon. Les projections établies dans la fiche technique portent cette population à 20 794 habitants à l’horizon 2034, puis à 29 389 habitants à l’horizon 2044. Autrement dit, le dispositif n’a pas été pensé pour répondre seulement à l’urgence actuelle : il a été dimensionné pour accompagner la croissance démographique et les besoins futurs de la zone.

Un soulagement visible dans les villages desservis

Dans cette région agricole du Borgou, où les habitations sont parfois éloignées les unes des autres, l’accès à l’eau potable relevait encore, pour de nombreuses familles, d’un véritable parcours quotidien. Les femmes et les filles étaient les premières exposées à cette pénibilité. Il fallait se lever tôt, parcourir de longues distances, attendre son tour autour de points d’eau sursollicités, puis transporter les bidons jusqu’aux concessions. La fatigue, les retards dans les activités domestiques, la réduction du temps d’étude des enfants et la fréquence des maladies hydriques faisaient partie du quotidien.

L’ouverture des bornes-fontaines construites dans le cadre du SAEPmV de Guinangourou 2 a donc été accueillie comme une délivrance. Dans plusieurs localités, des femmes sont sorties en groupe, certaines en chantant, d’autres appelant leurs voisines, pour constater par elles-mêmes l’arrivée de l’eau potable. L’émotion était d’autant plus forte que ce changement touche directement la santé des enfants, la dignité des ménages et l’organisation de la vie communautaire.

« C’est une grande joie qui m’anime aujourd’hui. Avant cette installation, nous avions d’énormes difficultés. Nos enfants tombaient régulièrement malades. Merci au Gouvernement Talon. Je bénis tous ceux qui ont permis que nous ayons enfin de l’eau potable. C’est maintenant que nous nous sentons véritablement Béninois… », a confié SALIFOU Zénabou, habitante du village de Bougnankou. Son témoignage résume l’état d’esprit général des populations bénéficiaires. Au-delà de l’infrastructure, c’est une reconnaissance de leur citoyenneté qui s’exprime. Dans ces localités rurales, recevoir un service public aussi essentiel que l’eau potable signifie que l’Etat se rapproche concrètement des ménages et que le développement ne se limite plus aux centres urbains.

Bougnankou, Gommey et Sonon au coeur de la couverture

La zone de couverture du SAEPmV de Guinangourou 2 concerne principalement trois pôles : Bougnankou, Gommey et Sonon. Selon les données techniques, Bougnankou compte 6 401 habitants en 2024 et devrait atteindre 9 047 habitants en 2034, puis 12 786 en 2044. Gommey, avec 3 023 habitants en 2024, devrait passer à 4 272 habitants en 2034 et 6 038 en 2044. Sonon, qui rassemble 5 289 habitants en 2024, est projeté à 7 475 habitants en 2034 et 10 565 habitants en 2044.

Ces chiffres montrent l’importance stratégique de l’ouvrage. Il ne s’agit pas d’un petit dispositif localisé autour d’un seul village, mais d’un système structurant, appelé à desservir durablement un ensemble de communautés dispersées. La conception multi-villages permet de mutualiser la production, le traitement, le stockage et la distribution de l’eau, afin d’assurer une desserte plus régulière et plus fiable.

Trois forages pour sécuriser la production d’eau

La production du SAEPmV repose sur trois forages exploités, tous réalisés dans un contexte hydrogéologique de socle cristallin avec captage dans le granite. Ces forages constituent la base de la sécurité du système, car ils permettent de mobiliser l’eau souterraine avant son traitement et sa distribution aux populations.

Le forage F3, situé à Gommey/Tepa, dispose d’un débit d’exploitation de 50 m³/h, avec un débit exploité de 15 m³/h. Il est équipé jusqu’à 68,78 m de profondeur. Le forage F5, localisé à Sonon/Woukpo, présente un débit d’exploitation de 28 m³/h, avec 12 m³/h exploités, pour une profondeur équipée de 53,45 m. Le forage F9, implanté à Sonon, du côté de l’EPP Sononon, affiche un débit d’exploitation de 14 m³/h, avec 12 m³/h exploités, et une profondeur équipée de 62,54 m.

Les trois forages cumulés permettent de couvrir les besoins de la période A0+10. Le débit d’équipement retenu pour cette échéance est de 38,8 m³/h. Une projection à A0+20 mentionne un besoin de 70,8 m³/h, ce qui confirme l’approche progressive retenue pour accompagner l’évolution de la demande.

Une station de traitement conçue pour la qualité sanitaire

L’eau produite par les forages est dirigée vers une station de traitement sécurisée. Celle-ci comprend notamment un local de dosage, un local administratif, un abri pour compteur électrique SBEE et groupe électrogène, ainsi qu’un dispositif d’énergie de secours. La présence de ces équipements est essentielle pour garantir la continuité du service, même lorsque l’alimentation électrique principale connaît des perturbations.

Le traitement de l’eau est assuré par un dispositif de chloration comprenant deux pompes doseuses de 0 à 25 litres par heure, deux bacs de 200 litres, un agitateur et les accessoires nécessaires. Cette étape est déterminante : elle vise à rendre l’eau conforme aux exigences sanitaires avant sa distribution vers les bornes-fontaines et, à terme, vers les branchements particuliers qui seront réalisés dans le cadre de l’exploitation du service.

L’ensemble de la station est protégé par une clôture grillagée de 127 mètres linéaires. Les stations de pompage disposent également d’ouvrages techniques et de clôtures de protection, ce qui réduit les risques d’intrusion, de dégradation ou de contamination des installations.

Un château d’eau de 300 m³ pour stocker et réguler la pression

Le système comprend un château d’eau implanté à Sonon. D’une capacité de 300 m³, avec une hauteur sous cuve de 24 mètres, cet ouvrage joue un rôle central dans le fonctionnement du réseau. Il permet de stocker l’eau traitée, de stabiliser la pression et d’assurer une distribution plus régulière dans les villages et hameaux desservis.

Le dispositif de régulation comprend une conduite d’arrivée en fonte DN 200 mm, une conduite de départ en fonte DN 300 mm et une vanne hydro-altimétrique de 200 mm pour le contrôle du niveau dans la cuve. Ces équipements techniques renforcent la maîtrise du fonctionnement hydraulique du système, particulièrement dans un réseau étendu et desservant des localités dispersées.

Plus de 73 kilomètres de conduites pour rapprocher l’eau des ménages

L’une des forces du SAEPmV de Guinangourou 2 réside dans l’étendue de son réseau. La fiche technique indique un total de 73 439 mètres de conduites, soit plus de 73 kilomètres, pour l’adduction, le refoulement et la distribution. Ce linéaire permet de transporter l’eau depuis les forages et la station de traitement jusqu’aux points de desserte installés dans les localités bénéficiaires.

Le réseau comprend des conduites en PEHD et en fonte de différents diamètres, adaptées aux fonctions de refoulement, de transport et de distribution. Il est également doté d’organes de protection et de régulation : 104 vannes d’isolement, 32 vidanges et 29 ventouses, tous placés sous regards visitables. Ces équipements facilitent l’exploitation, l’entretien, la purge et l’intervention rapide en cas d’incident sur le réseau.

Pour le démarrage de l’exploitation, 29 bornes-fontaines ont été construites. Elles constituent les premiers points d’accès direct à l’eau potable pour les populations. Aucun branchement particulier n’est encore réalisé à ce stade, mais la fiche technique prévoit que ces branchements seront exécutés par le fermier chargé de la gestion du service public de fourniture d’eau potable à l’intérieur du périmètre d’affermage du SAEPmV.

 

Le défi de l’exploitation : faire durer le service

Au moment de la réception provisoire, plusieurs femmes ont insisté sur un point : l’opérateur chargé de l’exploitation doit prendre rapidement le relais. Leur préoccupation est légitime. Un système d’eau potable ne se limite pas à la construction d’ouvrages. Sa réussite dépend aussi de la qualité de l’exploitation, de la maintenance préventive, de la disponibilité des pièces, de la gestion des pannes, de la continuité du traitement et de l’organisation du service aux usagers.

L’arrivée du fermier devra donc consolider les acquis de l’investissement public. Il lui reviendra d’assurer la régularité de la desserte, de veiller à la qualité de l’eau, d’entretenir les bornes-fontaines, de gérer les branchements particuliers futurs et d’instaurer une relation de confiance avec les communautés bénéficiaires. C’est à cette condition que l’infrastructure gardera tout son sens dans la durée.

 

Une politique publique qui transforme le quotidien rural

La réception du SAEPmV de Guinangourou 2 confirme la portée sociale des investissements réalisés dans le secteur de l’eau potable en milieu rural. Pour les populations de Bougnankou, Gommey, Sonon et des hameaux environnants, l’eau potable signifie moins de maladies, moins de corvées, plus de temps pour les activités agricoles, scolaires et économiques, et une amélioration réelle des conditions de vie.

Dans une commune comme Pèrèrè, où l’agriculture structure l’économie locale et où l’habitat rural impose souvent de longues distances entre les ménages, un tel ouvrage représente plus qu’une infrastructure hydraulique. Il devient un facteur de santé publique, de dignité, de cohésion sociale et de développement territorial.

Avec ses trois forages, sa station de traitement, son château d’eau de 300 m³, son réseau de plus de 73 kilomètres et ses 29 bornes-fontaines, le SAEPmV de Guinangourou 2 donne corps à une ambition : faire en sorte que l’accès à l’eau potable ne dépende plus du lieu de résidence, mais devienne un service public effectif, accessible et durable pour toutes les communautés rurales.

 

Repères techniques du SAEPmV de Guinangourou 2

Les données ci-dessous résument les principaux éléments techniques et démographiques issus de la fiche technique du système.

Rubrique Données clés
Localisation Département du Borgou ; commune de Pèrèrè ; arrondissement de Guinangourou ; zone de couverture : Bougnankou, Gommey et Sonon.
Population couverte 14 713 habitants en 2024 ; 20 794 habitants projetés en 2034 ; 29 389 habitants projetés en 2044.
Débit d’équipement 38,8 m³/h pour A0+10 ; 70,8 m³/h pour A0+20.
Forages exploités F3 à Gommey/Tepa : 15 m³/h exploités ; F5 à Sonon/Woukpo : 12 m³/h exploités ; F9 à Sonon/EPP Sononon : 12 m³/h exploités.
Traitement de l’eau Station sécurisée avec local de dosage, local administratif, abri compteur électrique/groupe électrogène ; chloration par 2 pompes doseuses de 0 à 25 l/h et 2 bacs de 200 litres.
Stockage et pression Château d’eau implanté à Sonon ; capacité de 300 m³ ; hauteur sous cuve de 24 m ; arrivée en fonte DN 200 mm et départ en fonte DN 300 mm.
Réseau 73 439 m de conduites au total, soit plus de 73 km, pour l’adduction, le refoulement et la distribution.
Régulation et protection 104 vannes d’isolement, 32 vidanges et 29 ventouses sous regards visitables ; clôtures de protection autour des ouvrages sensibles.
Points d’accès 29 bornes-fontaines construites pour le démarrage ; branchements particuliers à réaliser par le fermier chargé de l’exploitation.
Mise en service Année de mise en service : 2026 ; échéance du projet indiquée : 2034, avec projections démographiques jusqu’en 2044.

 

 

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