Code des forêts et de la faune : L’Assemblée Nationale dote le Bénin d’un bouclier moderne pour une gestion durable des ressources naturelles

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Dans la foulée de la 5ème mandature (2026-2033), où la préservation de l’environnement et la sécurité territoriale sont érigées en piliers du développement durable, le parlement béninois vient de franchir un cap historique. Ce mardi 14 juillet 2026, sous la présidence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, les députés ont adopté à l’unanimité la loi N°2026-16 portant Code des forêts en République du Bénin. Ce nouveau texte, composé de 318 articles, vient remplacer une législation vieille de plus de trente ans (loi n° 93-009 de 1993) devenue inadaptée face aux nouveaux défis climatiques et sécuritaires. 

Odjoutchoni Florent OGA

Un arsenal juridique face à l’urgence environnementale

L’adoption de ce code intervient dans un contexte critique : selon les rapports de la FAO, le Bénin perd en moyenne 60 000 hectares de forêts chaque année. Pour inverser cette tendance, la nouvelle loi s’articule autour de huit titres couvrant le régime des forêts, de la faune, et surtout l’accès au partage des avantages liés à la biodiversité. Le législateur a introduit des innovations technologiques et institutionnelles majeures :

  • Intelligence Artificielle (IA) : Le recours aux nouvelles technologies pour renforcer la lutte contre l’exploitation illégale de la faune et de la flore.
  • Observatoire National : La création d’un organe dédié à la gestion et au suivi rigoureux des massifs forestiers.
  • Reboisement : Le renforcement de la politique nationale de restauration du couvert végétal, en cohérence avec les récentes campagnes lancées sous le signe de la jeunesse.

Sécurité et Gouvernance : Les forêts au cœur de la résilience

Au-delà de la conservation, les députés ont intégré des préoccupations liées à la stabilité du territoire. Dans un département comme l’Atacora ou le Borgou, où l’insécurité est une préoccupation majeure des élus, le nouveau code prévoit des dispositions pénales spécifiques pour sanctionner l’utilisation des forêts à des fins terroristes. Le ministre de la Justice, Yvon Détchénou, et son collègue du Cadre de vie, Georges Alé, ont également apporté des précisions sur ; la relocalisation des populations installées dans les forêts classées ; la gestion décentralisée et participative des forêts, un défi pour les nouvelles municipalités installées en 2026 et le partenariat stratégique entre le CENAGREF et African Parks pour la gestion des aires protégées.

Le tourisme vert, levier de développement économique

La loi N°2026-16 ne se contente pas de protéger ; elle vise à valoriser. La construction d’infrastructures d’accueil, notamment des hôtels et des quartiers touristiques, est prévue pour transformer les zones forestières en pôles d’attraction. Cette vision s’aligne sur les ambitions de pôles régionaux de développement prônées par le gouvernement pour ce septennat. Cette adoption marq ue la clôture de la première session ordinaire de l’année 2026. Pour le Président de l’Assemblée Nationale, ce vote unanime témoigne de la volonté de la 10ème législature de faire du droit un instrument au service de la modernité et de la sauvegarde du patrimoine national pour les générations futures.

 

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