COMMUNES FRONTALIERES DU NORD : QUEL IMPACT REEL DE L’ABCF SUR LA SECURITE ET LE COMMERCE LOCAL ?

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À la tête de l’Association Béninoise des Communes Frontalières (ABCF) pour cette 5ème mandature, le maire de Karimama IGOUMA Dourhaman porte désormais la voix des territoires situés aux confins du Bénin. Entre défis sécuritaires persistants et nécessité de dynamiser les échanges transfrontaliers, l’ABCF se positionne comme un acteur pivot. Ce dossier explore les leviers d’action de l’association pour transformer ces zones de passage en véritables pôles de développement.

✍️ Odjoutchoni Florent OGA ✍️

Une mission de plaidoyer et de proximité

L’ABCF n’est pas seulement une instance de concertation entre élus ; elle se veut le bouclier et le porte-voix des citoyens vivant aux frontières. Pour le nouveau président, l’enjeu est de transformer la perception de la frontière : de zone de migration ou de danger, elle doit devenir un « espace d’opportunités ». Par le passé, l’association a déjà prouvé son utilité en facilitant le dialogue avec les autorités nationales sur la sécurité et en accompagnant des projets concrets d’accès à l’énergie et à la mobilité.

La sécurité : au-delà de la réponse militaire

Dans un contexte où le Nord du Bénin fait face à des menaces sécuritaires, l’ABCF prône une approche intégrée. La priorité immédiate repose sur un triptyque essentiel :

  • La co-production de la sécurité :Renforcer la collaboration entre les communes, les populations et les forces de défense pour favoriser l’alerte précoce.
  • La résilience économique :Investir dans l’emploi des jeunes pour réduire leur vulnérabilité face aux influences négatives.
  • La présence de l’État :Plaider pour un renforcement des services publics et des infrastructures dans ces zones souvent enclavées.

Le commerce transfrontalier : poumon de l’économie locale

Le commerce est l’âme des communes frontalières. Pour que les échanges soient « plus fluides et plus sûrs », l’ABCF entend agir sur la simplification des procédures et la sécurisation des circuits commerciaux. Le développement des infrastructures marchandes, notamment des espaces et puits de stockage, est au cœur de la stratégie pour limiter les pertes et réduire les coûts pour les commerçants. L’objectif est clair : créer un dialogue permanent entre les acteurs du commerce et les administrations frontalières pour lever les goulots d’étranglement.

Les priorités de la 5ème mandature

Sous l’impulsion du maire de Karimama IGOUMA Dourhaman, l’ABCF a défini quatre piliers stratégiques pour son nouveau mandat : il s’agit du renforcement de la sécurité et de la résilience, la promotion du développement local et du commerce, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base (eau, éducation, santé) et la consolidation de la coopération transfrontalière et du plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers (PTF). L’association compte d’ailleurs capitaliser sur les succès passés, comme les partenariats avec la GIZ, pour attirer de nouveaux investissements dans l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Un appel à la solidarité des élus

Face aux défis de l’Alibori et du Borgou, le président de l’ABCF appelle ses collègues maires à la mutualisation des expériences. L’idée est de parler « d’une seule voix » pour défendre les intérêts des populations frontalières auprès de l’État et des partenaires internationaux. « Ensemble, nous pouvons transformer nos craintes en opportunités », martèle le président, convaincu que cette mandature sera celle des « résultats concrets ».

 

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