Désignation des chefs de villages et quartiers de villes au Bénin : la CENA fixe les territoires de l’UP-R et du BR
Après les élections communales de 2026, la Commission électorale nationale autonome a dévoilé la répartition des localités où les deux grands partis de la majorité présidentielle pourront désigner les chefs de village et de quartier de ville. Une étape importante dans la mise en place complète des nouvelles structures locales.
La carte des futurs responsables de proximité commence à se dessiner. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a franchi une nouvelle étape dans le processus d’installation des conseils locaux au Bénin en précisant les localités attribuées à l’Union progressiste Le Renouveau (UP-R) et au Bloc républicain (BR) pour la désignation des chefs de village et des chefs de quartier de ville.
Cette répartition intervient après la consolidation des résultats issus des élections communales de janvier 2026 et conformément aux dispositions du Code électoral qui encadrent la désignation des responsables à la base.
La majorité locale comme critère de désignation
Le mécanisme retenu par la CENA repose sur un principe simple : dans chaque village ou quartier de ville, le parti ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages valablement exprimés bénéficie du droit de proposer le responsable local concerné, sous réserve des conditions prévues par la loi.
Ainsi, la désignation des chefs de village et de quartier de ville ne relève pas d’un nouveau scrutin. Elle constitue plutôt une conséquence directe des résultats enregistrés lors des élections communales. Les rapports de force établis dans les différentes localités déterminent donc le parti habilité à effectuer les propositions.
L’UP-R et le BR se partagent les responsabilités locales
À travers sa décision rendue publique le 9 juillet 2026, la CENA a communiqué les listes détaillant les localités dans lesquelles chacun des deux partis pourra exercer son droit de désignation. Les annexes du document présentent la répartition commune par commune, arrondissement par arrondissement et village par village.
Cette étape confirme la place dominante occupée par les deux formations politiques dans la nouvelle configuration communale issue des élections. L’UP-R dispose des localités figurant dans la première liste publiée par la CENA, tandis que le BR intervient dans celles recensées dans la seconde liste.
Au-delà des chiffres et des listes administratives, cette répartition traduit surtout l’importance stratégique des chefs de village et des chefs de quartier de ville dans le fonctionnement quotidien des collectivités. Ces responsables constituent en effet des relais essentiels entre les populations et l’administration locale.
Un processus qui prépare l’installation complète des structures locales
La désignation des chefs de village et de quartier de ville représente une phase déterminante dans l’achèvement du dispositif de gouvernance locale. Ces acteurs interviennent au plus près des citoyens et jouent un rôle dans la transmission des préoccupations des habitants, l’accompagnement des actions publiques et la mobilisation communautaire.
Pour les populations, l’enjeu dépasse donc les considérations politiques. Derrière chaque désignation se trouve la question de la représentation locale et de la capacité des responsables choisis à répondre efficacement aux besoins des communautés.
Agbotavou, une situation encore en attente
Si la CENA a pu arrêter une grande partie de la répartition nationale, une situation reste toutefois suspendue. Il s’agit du village d’Agbotavou, situé dans l’arrondissement d’Atomey, commune d’Aplahoué.
Cette localité demeure en attente d’une clarification en raison d’un contentieux lié à des bulletins de vote réexaminés par la Cour suprême. La Commission électorale explique ne pas disposer encore des éléments suffisants permettant d’identifier avec certitude le parti majoritaire dans cette zone précise.
Entre organisation administrative et attentes citoyennes
Avec cette décision, la CENA ouvre la voie à la poursuite du processus d’installation des autorités locales. Mais au-delà de la répartition des droits de désignation, les prochaines semaines seront surtout marquées par l’attente des choix opérés par les partis politiques.
Dans les villages comme dans les quartiers de ville, les populations espèrent que les futurs responsables seront avant tout des acteurs capables de porter leurs préoccupations et de contribuer au développement de leurs communautés.
Car au-delà des équilibres politiques, les chefs de village et de quartier restent les visages les plus proches de l’administration pour des milliers de citoyens. Leur choix constituera donc un signal important sur la manière dont la gouvernance locale entend se rapprocher davantage des réalités quotidiennes.