Abomey : Un flashmob géant à la Place Goho pour briser les tabous et imposer la dignité menstruelle au cœur des débats
La Place Goho d’Abomey a résonné d’un message d’émancipation et de justice sociale ce mercredi 12 août 2026. À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, la cité historique et royale s’est mobilisée à travers un flashmob d’envergure pour porter haut le plaidoyer en faveur de la dignité menstruelle. Initiée sous le parrainage actif du maire Mètolé Franck Kpassassi, cette manifestation marque une étape symbolique forte dans l’engagement de la municipalité pour la protection et l’épanouissement des jeunes filles et des femmes de la commune, s’inscrivant pleinement dans la vision sociale de la mandature 2026-2033.
Odjoutchoni Florent OGA

Le projet « Règle moi ça » : Une alliance de la société civile pour la justice menstruelle
Cette mobilisation publique de terrain s’est déroulée dans le cadre du projet national « Règle moi ça », dédié à la promotion de la santé, de la dignité et de la justice menstruelles au Bénin. Porté par un consortium engagé de trois organisations de la société civile, Filles en Actions, Choose Yourself et Filles Héroïnes, le projet est conduit sous la direction de Carine Danhouan, avec une coordination de la mobilisation locale assurée par Régis Essou. En choisissant la Place Goho, haut lieu de mémoire et de rassemblement de la cité royale, les organisateurs et la municipalité ont offert une résonance maximale à ce combat citoyen, incitant la jeunesse à s’approprier un sujet de santé publique trop souvent relégué au rang des tabous.
« Les menstruations ne sont ni une maladie, ni une malédiction »
En procédant au lancement officiel de l’événement, le maire Mètolé Franck Kpassassi a prononcé une allocution forte, rappelant que la dignité menstruelle dépasse de loin le seul cadre sanitaire pour toucher à l’éducation, à la protection sociale et au respect des droits humains. L’absence d’infrastructures adaptées et la stigmatisation constituant des freins majeurs à la scolarisation des filles, l’édile a martelé avec conviction : « Les menstruations ne sont ni une maladie, ni une malédiction, ni une faute. Elles sont un phénomène naturel. Et la dignité, elle, ne devrait jamais être négociable ». Il a ainsi invité l’ensemble de la communauté à s’impliquer activement pour lever les préjugés. S’adressant directement à la jeunesse d’Abomey, le maire a appelé les filles à s’informer sur leurs droits, tout en exhortant les garçons et les jeunes hommes à devenir de véritables alliés pour mettre fin à la stigmatisation menstruelle.

L’engagement de la municipalité pour des environnements scolaires adaptés
Cette action s’aligne sur les orientations de la commune visant à renforcer la communication de proximité et à co-construire des solutions durables avec les forces vives locales. Le maire a réaffirmé la détermination du Conseil communal à accompagner durablement ces initiatives, en favorisant des cadres de vie et d’apprentissage plus adaptés aux besoins des filles et des femmes, en collaboration étroite avec les établissements scolaires, les services techniques et les associations de jeunes. Cette gouvernance participative et responsable fait écho à la dynamique de concertation d’Abomey, récemment saluée par les dignitaires traditionnels et la Cour royale du Danxomè lors de la présentation des premiers résultats d’étape des réformes de la municipalité. En plaçant la dignité des jeunes filles au centre de ses priorités, Abomey démontre que le développement local durable passe par l’inclusion de tous. Parce que, selon la formule finale du maire Franck Mètolé Kpassassi, « une ville qui protège ses filles protège son avenir ».