Donwari : L’Alibori fait de l’alphabétisation en langues locales le moteur de son autonomie économique
Lire une fiche technique, calculer le coût de revient d’un ouvrage artisanal ou gérer un registre de coopérative sans dépendre d’un tiers : à Donwari, l’alphabétisation est affirmée comme le premier outil de production. Ce vendredi 02 octobre 2026, la commune de Kandi a abrité la célébration officielle en différé de la Journée internationale de l’alphabétisation dans l’arrondissement de Donwari. Autour du préfet de l’Alibori, Ahamed Bello Ky-Samah, l’ensemble des maires du département, les acteurs de l’éducation informelle et les partenaires techniques se sont mobilisés pour passer d’une alphabétisation de célébration à un véritable programme de qualification professionnelle.
Odjoutchoni Florent OGA
Inclusion des zones reculées : L’appel du préfet aux décideurs locaux

Face aux acteurs éducatifs rassemblés à Donwari, le préfet Ahamed Bello Ky-Samah a martelé l’urgence d’élargir l’accès aux centres de formation dans les hameaux les plus éloignés des centres urbains. Pour l’autorité préfectorale, l’illettrisme en milieu rural constitue le principal frein au transfert de compétences, à la prévention sanitaire et à la modernisation des pratiques agricoles. Le préfet a ainsi invité les maires et les partenaires à mutualiser leurs financements pour rouvrir et équiper les centres d’apprentissage communautaires.
PAGEDA 3 : L’APIDA met le cap sur l’autonomisation des artisans

Prenant la parole au nom des collectifs communaux, le maire de Ségbana et président de l’Association pour la promotion intercommunale de l’Alibori (APIDA), Aboudou Razack Kora, a réaffirmé la dimension économique du savoir lire et écrire : « Le développement ne peut être durable si une partie de nos populations reste éloignée des possibilités d’apprentissage et de développement des compétences. » Pour passer des paroles aux actes, le président de l’APIDA a exhorté ses pairs à s’emparer pleinement du programme PAGEDA 3. L’objectif est d’utiliser ce levier pour structurer des modules de formation sur mesure destinés aux artisans, couturières, transformatrices de produits locaux et acteurs des métiers manuels, afin de sécuriser leurs revenus et de renforcer la commande publique locale. À Donwari, les discours font désormais place à la réouverture des classes du soir dans les villages. Pour les artisans et producteurs de l’Alibori, la maîtrise des lettres et des chiffres en langues nationales conditionne plus que jamais l’accès aux marchés et aux crédits de proximité.