Gouvernance mondiale : à l’ONU, l’AIMF plaide pour une place renforcée des collectivités territoriales

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À l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations Unies (HLPF) et de la réunion marquant les dix ans du Nouvel Agenda urbain, l’Association internationale des maires francophones (AIMF) a porté à New York un plaidoyer en faveur d’une plus grande reconnaissance des collectivités territoriales dans la mise en œuvre des politiques de développement durable. Conduite par sa présidente par intérim, Fatimetou Abdel Malick, et son délégué général, Frédéric Vallier, la délégation a multiplié les rencontres afin de défendre une conviction : les grands défis mondiaux ne pourront être relevés sans des territoires plus forts, mieux financés et davantage associés aux décisions internationales.

Faire des collectivités des acteurs incontournables du développement durable

Durant la journée consacrée aux gouvernements locaux et régionaux, organisée dans le cadre du Forum de haut niveau des Nations Unies, les représentants de l’AIMF ont rappelé que les collectivités territoriales occupent une place stratégique dans l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Au plus près des populations, elles sont confrontées quotidiennement aux effets du changement climatique, aux inégalités sociales, à l’urbanisation accélérée ou encore aux défis liés à l’accès aux services essentiels.

Pour la présidente par intérim de l’AIMF, la résilience des territoires ne peut être dissociée de la justice sociale. Elle a défendu l’idée que des collectivités plus égalitaires sont aussi des collectivités plus capables de faire face aux crises, de préserver la cohésion sociale et de consolider la paix.

Au-delà du plaidoyer politique, l’association a insisté sur une revendication récurrente des élus locaux : l’accès à des mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités des territoires. Selon l’AIMF, les collectivités doivent disposer de ressources suffisantes pour traduire les engagements internationaux en actions concrètes au bénéfice des populations.

Renforcer la voix de la Francophonie auprès des Nations Unies

La mission a également été marquée par une rencontre avec Léonard-Émile Ognimba Biang, représentant permanent de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès des Nations Unies.

Cette audience a permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération entre l’OIF et l’AIMF, opérateur de la Francophonie pour les collectivités territoriales. Les échanges ont porté sur le renforcement du plaidoyer des autorités locales francophones au sein des instances internationales ainsi que sur la préparation d’une future rencontre entre maires francophones et ambassadeurs accrédités auprès de l’ONU.

À travers cette démarche, l’AIMF entend donner davantage de visibilité aux préoccupations des villes et collectivités francophones dans les débats internationaux consacrés au développement durable, à la gouvernance locale et à la décentralisation.

Dix ans après le Nouvel Agenda urbain, l’heure du bilan

La délégation de l’AIMF a également pris part aux échanges consacrés au dixième anniversaire du Nouvel Agenda urbain, adopté en 2016 pour promouvoir des villes inclusives, sûres, résilientes et durables.

À cette occasion, Fatimetou Abdel Malick a rappelé que les ambitions portées par ce cadre international ne pourront produire les résultats attendus sans une territorialisation effective des Objectifs de développement durable. Autrement dit, les politiques mondiales doivent être adaptées aux réalités locales et mises en œuvre avec les collectivités qui en assurent quotidiennement l’application.

Elle a également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre territoires, d’accroître les investissements directs en faveur des collectivités et de poursuivre les actions de renforcement des capacités des élus et des administrations locales.

La diplomatie des villes gagne du terrain

Cette mission à New York s’inscrit dans la stratégie de diplomatie des villes portée par l’AIMF. L’organisation considère que les collectivités locales ne sont plus seulement des acteurs de proximité, mais également des partenaires capables d’influencer les grands débats internationaux sur le climat, la paix, la gouvernance ou le développement durable.

Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises, l’association défend une approche fondée sur la coopération entre territoires, le partage d’expériences et la solidarité entre collectivités francophones.

Un plaidoyer pour rapprocher les agendas mondiaux des réalités locales

Au terme de cette mission, le message porté par l’AIMF est resté constant : les collectivités territoriales doivent être reconnues comme des partenaires à part entière de la gouvernance mondiale.

En appelant à une décentralisation plus effective, à des financements adaptés et à une meilleure prise en compte des réalités locales dans les politiques internationales, l’association réaffirme que les réponses aux grands enjeux de notre époque se construisent d’abord dans les territoires.

Pour les élus francophones réunis à New York, le développement durable ne pourra pleinement se concrétiser que si les villes et les collectivités disposent des moyens, des compétences et de la reconnaissance nécessaires pour transformer les engagements internationaux en résultats tangibles au service des citoyens.

                                      ENOCK   G.  OGOUCHORO

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