Parlement de la CEDEAO à Cotonou : Faire des MPME le fer de lance de la transformation économique et de l’intégration régionale
Le Bénin s’affirme une nouvelle fois comme le carrefour stratégique des réflexions communautaires en Afrique de l’Ouest. Ce lundi 27 juillet 2026, l’hôtel Azalaï de Cotonou a accueilli l’ouverture d’une réunion délocalisée de la commission mixte du Parlement de la CEDEAO, centrée sur le rôle moteur des micros, petites et moyennes entreprises (MPME). Cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte de consolidation des institutions béninoises, notamment sous l’impulsion de la 10ème législature présidée par le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou.
Odjoutchoni Florent OGA

Les MPME : Colonne vertébrale de la souveraineté économique
Représentant le président de l’Assemblée nationale, le Professeur Mahougnon Kakpo, deuxième vice-président du parlement béninois, a plaidé pour un changement de paradigme. Qualifiant les MPME de « colonne vertébrale » des économies de la sous-région, il a appelé les législateurs à lever les barrières réglementaires pour offrir un cadre incitatif à ces entreprises, essentielles pour l’employabilité des jeunes et des femmes. Cette ambition s’aligne sur les priorités de la mandature 2026-2033, où le renforcement du capital humain et l’insertion économique sont érigés en piliers de développement durable. Le séminaire de cinq jours vise précisément à transformer ces entreprises en moteurs formels des chaînes de valeur régionales, leur permettant de saisir les opportunités de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Une synergie entre formation technique et accompagnement public
La stratégie béninoise de transformation industrielle, exposée lors de cette session, repose sur une approche transversale :
- Accompagnement structuré : À travers la ministre des PME, Awaou Baco, l’accent est mis sur le rôle de l’Agence de développement des PME (ADPME).
- Formation et employabilité : La ministre Sèdami Mèdégan Fagla a souligné l’importance de l’enseignement technique. Cette vision rejoint les chantiers nationaux de construction de lycées techniques et d’écoles normales scientifiques, cruciaux pour améliorer l’offre de formation professionnelle.
- Performance régionale : Ces efforts s’inscrivent dans la dynamique positive du Bénin, qui affiche déjà un taux de mise en œuvre de 73 % des réformes communautaires de l’UEMOA, témoignant d’une administration mobilisée et rigoureuse.

Vers une hydro-diplomatie et une coopération transfrontalière renforcée
Les débats du Parlement de la CEDEAO ont également mis en lumière la nécessité de bâtir des chaînes de valeur résilientes, notamment par la transformation locale des ressources brutes. Cette volonté de coopération dépasse le simple cadre commercial pour toucher à la gestion des ressources stratégiques. À titre d’exemple, le Projet Pgeau-Mono, financé par la Banque africaine de développement, illustre cette « hydro-diplomatie » entre le Bénin et le Togo pour sécuriser durablement les ressources en eau et renforcer la résilience climatique. De même, la promotion des pôles régionaux de développement et le renforcement de la coopération transfrontalière sont essentiels pour faciliter les échanges et assurer une stabilité durable dans l’espace communautaire.
Des résolutions opérationnelles attendues d’ici le 31 juillet
L’honorable Adjaratou Traoré, représentant la présidente du Parlement de la CEDEAO, a exhorté les députés à aboutir à des résolutions fermes et immédiatement applicables. Pour les autorités béninoises, la diplomatie parlementaire doit désormais garantir que chaque réforme profite directement aux concitoyens, en s’appuyant sur des mécanismes financiers innovants tels que des fonds de garantie adaptés pour les femmes entrepreneures. Sous la direction de Joseph Djogbénou à l’Assemblée nationale, le Bénin se positionne comme un laboratoire de solutions législatives et économiques capables de propulser les MPME ouest-africaines vers la modernité d’ici 2033.