Tchaourou : Du manioc de Tchalla à la mini-laiterie, la diplomatie américaine au cœur des ateliers agroalimentaires
Délaisser les salons d’honneur pour toucher du doigt la réalité des unités de transformation et constater comment la jeunesse et les femmes créent de la richesse sur leur propre terroir. Ce mercredi 30 septembre 2026, la mairie de Tchaourou a reçu la visite de courtoisie du chargé des Affaires politiques de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique près le Bénin, accompagné de son assistant. Mais au-delà du protocole diplomatique, l’exécutif municipal sous le leadership du maire Rafiou Owotchè a rapidement orienté la rencontre vers une immersion de terrain, au plus près des initiatives économiques villageoises.
Odjoutchoni Florent OGA
Des échanges sans fard sur les défis de la plus vaste commune du Bénin

Dans les bureaux de l’hôtel de ville, les discussions ont permis d’aborder en profondeur le diagnostic territorial de Tchaourou : ses ambitions de croissance, ses réserves foncières et agricoles considérables, mais aussi les lourds goulets d’étranglement déficit d’équipements de transformation, accès au crédit et enclavement des voies qui brident encore le potentiel local. Pour l’autorité communale, l’enjeu était de démontrer aux partenaires américains que la commune ne se contente pas de formuler des doléances, mais porte déjà des projets productifs viables qui méritent un accompagnement technique et financier.
Tchalla et la Mini-laiterie : l’autonomisation des femmes en vitrine

La délégation diplomatique s’est ensuite rendue sur le terrain pour visiter deux fleurons de l’agrobusiness local. L’unité de transformation du manioc du groupement des femmes de Tchalla, une coopérative dynamique où la valorisation du tubercule en dérivés marchands assure des revenus réguliers à des dizaines de foyers ruraux. La Mini-laiterie de Tchaourou qui est un maillon clé de la valorisation de la filière élevage dans le Borgou. Ces deux étapes ont illustré le rôle moteur joué par les femmes dans la création d’emplois locaux et la consolidation de la sécurité alimentaire à la base. En ouvrant les portes de ses ateliers ruraux plutôt que de se cantonner aux discours institutionnels, Tchaourou a plaidé avec méthode pour des partenariats d’investissement directs. Reste désormais à transformer ces marques d’intérêt diplomatique en coopérations concrètes pour équiper et moderniser les filières de transformation de la commune.