ACCÈS UNIVERSEL À L’EAU POTABLE EN MILIEU RURAL A PERERE (BORGOU) : À Sontou, 28 Bornes-fontaines et 71,8 km de réseau font de l’eau potable un service public de proximité

0 3

Dans la commune de Pèrèrè, le SAEPmV de Sontou change l’échelle de l’approvisionnement en eau : quatre forages exploités, un château d’eau de 250 m³, 28 bornes-fontaines et 71,8 kilomètres de canalisations desservent Alafiarou, Bani-Peulh, Bonrou, Bornou Gando, Sontou et Soubado. Conçu à partir d’une population de 13 991 habitants en 2024, le système est dimensionné pour accompagner près de 28 000 habitants à l’horizon 2044. 

Le 12 août 2026, la réception provisoire du Système d’Approvisionnement en Eau Potable Multi-Villages de Sontou a marqué plus que l’achèvement d’un chantier. Après les vérifications conduites par une équipe multi-acteur et pluridisciplinaire conduite par l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR), l’ouverture des robinets a matérialisé la fin d’une époque dans un arrondissement où des ménages dépendaient encore de puits saisonniers, de retenues de fortune et de forages privés. L’eau potable entre désormais dans une chaîne organisée et professionnelle de captage, de traitement, de stockage et de distribution.

Station de traitement

Quand l’eau se payait chère à la bassine et disparaissait avec la saison sèche

Les récits des populations recueillis à Sontou donnent la mesure du changement. Lorsque les puits s’asséchaient après les pluies, certaines familles se rabattaient sur des eaux stagnantes utilisées aussi pour le bétail ou achetaient l’eau auprès de propriétaires de forages privés. La contrainte était donc double : une ressource parfois incertaine et un coût qui pesait sur les ménages, avec en toile de fond la question de la qualité de l’eau consommée. « À cause des difficultés d’accès à l’eau ici, les propriétaires de forages privés nous vendaient l’eau à 50 FCFA la bassine. Nous ne prenions cette eau que pour les besoins les plus vitaux et elle posait souvent des problèmes de qualité. Nani Isabelle, habitante de Sontou qui à aujourd’hui de l’eau potable à 15 francs la bassine contre 50 francs CFA autrefois.

Le nouveau système vise précisément à sortir de cette économie de pénurie. Un SAEPmV organise une continuité entre la ressource souterraine, les stations de pompage, le traitement, le château d’eau, le réseau et les points de desserte. À Sontou, cette logique est déterminante, car six localités sont désormais desservies dans la durée.

37 m³/h mobilisés : une capacité calibrée pour le premier horizon de desserte

Les données techniques précisent six localités dans le périmètre du SAEPmV : Alafiarou, Bani-Peulh, Bonrou, Bornou Gando, Sontou et Soubado (Pèrèrè). Leur population totale est estimée à 13 991 habitants en 2024, puis à 19 774 habitants en 2034 et à 27 948 habitants en 2044. Les besoins d’équipement sont évalués à 36,9 m³/h à l’horizon A0+10 et à 67,4 m³/h à l’horizon A0+20.

Quatre forages alimentent le système : F11 à 16 m³/h, F1 à 7 m³/h, FPM’ à 6 m³/h et F12 à 8 m³/h. Leur débit cumulé atteint 37 m³/h, soit pratiquement le besoin de 36,9 m³/h retenu pour l’horizon A0+10. Ces quatre forages couvrent ce premier niveau de demande. La projection à 67,4 m³/h à l’horizon A0+20 rappelle cependant que le suivi de la ressource et l’adaptation progressive des capacités resteront essentiels.

La production s’appuie sur des équipements électromécaniques et, sur plusieurs sites. Elle s’appuie également sur le réseau conventionnel de la SBEE, complété par des groupes électrogènes de secours. La station de pompage et de traitement intègre notamment un local de dosage et les équipements nécessaires à la chloration. L’enjeu est clair : garantir non seulement la production, mais aussi la qualité et la continuité du service. Le réseau totalise exactement 71 785,9 mètres de conduites d’adduction, de refoulement et de distribution. Il comprend 81 vannes d’isolement, 17 dispositifs de vidange et 22 ventouses, ainsi qu’un réservoir anti-bélier de 500 litres à la station F11. Entre Sontou et Pèrèrè, le château d’eau de 250 m³, élevé à 15 mètres sous cuve, assure le stockage et la régulation.

28 bornes-fontaines dès maintenant, le robinet à domicile comme prochaine frontière

Au moment de la réception, 28 bornes-fontaines sont construites pour rapprocher immédiatement l’eau potable des communautés. La borne-fontaine constitue donc le premier niveau de proximité ; le branchement particulier doit permettre, à terme, de franchir le dernier segment jusqu’à la concession. À Sontou, la prochaine étape consistera donc à convertir progressivement le réseau public en service de proximité jusque dans les concessions, au rythme des demandes et des extensions conduites par le fermier. « Avant l’arrivée de cette eau, nous souffrions beaucoup. Nous allions vers les puits, mais lorsque la pluie finissait, ils s’asséchaient. Nous étions alors obligés d’aller vers les flaques d’eau creusées par les éleveurs pour leur bétail ou de nous approvisionner auprès des propriétaires de forages qui vendaient leur eau à 50 FCFA la bassine. » Souroukoua Pona, habitante de la localité.

 

À Sontou, l’accès universel se construit désormais dans le quotidien

Pour Alafiarou, Bani-Peulh, Bonrou, Bornou Gando, Sontou et Soubado, l’investissement public prend une forme concrète : quatre forages, 37 m³/h de capacité mobilisée, un château de 250 m³, 28 bornes-fontaines et près de 72 kilomètres de réseau. Sa valeur se mesure surtout dans les heures de corvée évitées, la moindre dépendance à des sources saisonnières ou incertaines et à la possibilité, progressivement, d’un service jusque dans les concessions. À Sontou, la réception du 12 août 2026 ouvre une nouvelle ère dans la vie des populations. Du forage au château, du château au réseau, du réseau à la borne-fontaine puis au branchement particulier, le dernier kilomètre de l’accès universel se construira au rythme de la continuité, de la maintenance et de la confiance des usagers. C’est à cette condition que les 71,8 kilomètres de canalisations deviendront un patrimoine durable de développement pour les populations de Pèrèrè.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.