ACCÈS UNIVERSEL À L’EAU POTABLE EN MILIEU RURAL A PERERE | BORGOU : La localité de Pébié connectée au réseau d’eau potable de l’ANAEPMR et tourne la page de la consommation des eaux de marigots

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Dans la commune de Pèrèrè, le SAEPmV de Pébié fait entrer Guinro, Kpébié, Tchori et Won dans une nouvelle logique de service public : deux forages exploités, un château d’eau de 200 m³, sept bornes-fontaines et 27,5 kilomètres de canalisations composent un système conçu à partir d’une population de 8 581 habitants en 2024. Au-delà de l’ouverture des vannes, l’enjeu est désormais de transformer l’ouvrage en un service continu, sûr et durable, jusqu’au domicile des ménages.

Le 13 août 2026, autour du château d’eau de Guinro Centre, l’ouverture des vannes du Système d’Approvisionnement en Eau Potable Multi-Villages de Pébié a eu valeur de bascule. Après les contrôles techniques conduits sous la maîtrise d’ouvrage de l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR), les clés des installations ont été remises à l’exploitant Omilayé. Pour les populations, ce geste signifie l’arrivée d’une eau potable, traitée et professionnellement distribuée.

Quand les marigots tenaient lieu de réseau d’eau

Les témoignages recueillis lors de la réception décrivent des années de recours aux puits, aux rivières, aux marigots et aux dépressions remplies par les pluies, avec une qualité d’eau incertaine et une exposition permanente au péril hydrique. Cette précarité pesait sur l’organisation des ménages et, plus encore, sur les femmes et les enfants, souvent mobilisés pour la recherche et le transport de l’eau. « Avant l’arrivée de ce système, l’arrondissement de Pébié endurait des difficultés incroyables liées au manque d’eau potable. Les populations étaient obligées de chercher de l’eau dans les marigots et dans des points d’eau naturellement creusés par les pluies, avec tous les risques de maladies que cela comportait. » Kora Séra Bakindrop, chef de l’arrondissement de Pébié.

Le dispositif organise une chaîne complète — captage, pompage, traitement, stockage, transport, distribution, maintenance et relation avec l’usager. C’est précisément ce changement d’échelle que matérialisent les SAEPmV : faire de l’accès à l’eau potable un service de territoire, capable de relier plusieurs villages et d’absorber la croissance future de la demande.

Pébié : deux forages, 23 m³/h exploités et 200 m³ de stockage

La fiche technique retient quatre villages dans la zone de couverture : Guinro, Kpébié, Tchori et Won. Leur population est estimée à 8 581 habitants en 2024, 12 128 en 2034 et 17 140 en 2044. Les besoins d’équipement sont évalués à 22,6 m³/h à l’horizon A0+10 et à 41,3 m³/h à l’horizon A0+20.

La production repose sur deux forages exploités à Kpébié. Le forage F2 délivre 13 m³/h et le forage F4 10 m³/h, soit 23 m³/h cumulés. La fiche précise que cette capacité couvre le besoin A0+10 de 22,6 m³/h. La projection à 41,3 m³/h à vingt ans rappelle toutefois que le service devra évoluer avec la démographie et le suivi de la ressource.

Le dispositif comprend deux stations de pompage et une station de traitement. L’alimentation principale est assurée par le réseau électrique de la SBEE, complété par des groupes électrogènes de secours. Des pompes doseuses et équipements de préparation assurent le traitement avant stockage et distribution.

Le réseau totalise 27 508,4 mètres de conduites. Il comporte 34 vannes d’isolement, 13 vidanges et 12 ventouses sous regards visitables. À Guinro Centre, le château d’eau de 200 m³, élevé à 24 mètres sous cuve, assure stockage et régulation.

Sept bornes-fontaines déjà disponibles

À la réception, sept bornes-fontaines sont mises en service pour rapprocher immédiatement l’eau potable des communautés. Le branchement particulier est devenu un axe majeur de la politique nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural : 3 668 nouveaux raccordements ont été réalisés au second semestre 2025 sur les trois périmètres d’affermage. À Pébié, l’enjeu sera d’informer les ménages, enregistrer les demandes et étendre progressivement les raccordements. « Avant l’arrivée de ce forage, nous utilisions les eaux des puits et des rivières, ce qui nous rendait malades, ainsi que nos enfants. Aujourd’hui, nous sommes très contents de voir cette eau, surtout de savoir qu’elle est potable. » Gourman Nin, habitante de la localité.

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